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C'est la 29ème édition de cette manifestation qui était purement virtuelle l'année dernière, COVID oblige. Mais en cette année 2022, au parc EUREXPO de Chassieu, près de l'aéroport de Lyon-Bron, tout y est : la foule, les motos, les exposants, les équipementiers, les préparateurs et les frites chaudes.

Les constructeurs ont fait un effort de présence ! Le dernier salon auquel j'avais assisté, à Paris, en 2018, avait provoqué quelques frustrations liées à l'absence de marques majeures, comme BMW, Moto-Guzzi, Aprilia, Royal-Enfield ou encore Norton.

L'entrée est à 17 euros et les masques ne sont plus obligatoires. C'est, en quelque sorte, la liberté accessible à un prix raisonnable. Ma chère et tendre m'a donné l'autorisation d'aller flâner dans ses allées, sous réserve de me faire accompagner par l'oncle de St-Priest, patriarche de la famille, qui promène allègrement ses 76 printemps sur un sporster Harley Davidson.

Vous lisez MesAmisCustom, donc ne soyez pas étonnés de l'impasse faîte sur les suppositoires à camion, ces motos de course égarées sur la route, sur les supermotards, les trails et les quads, sortis des ornières, ainsi que sur les roadsters, les scooters et autres trottinettes électriques, taillés pour la ville. Nous restons donc concentrés sur les styles vintage, café-racer et custom qui émeuvent nos sens.

Et les néo rétro me direz-vous ?

Petit commentaire personnel sur le néo rétro.

Le néo, c'est du neuf et le rétro, c'est une touche d'ancien. Parce qu'on rajoute un phare rond ou un réservoir comportant des arrondis sur le Léoncino de Benelli, le scrambler de Moto Morini ou le ZR de Kawasaki qui sont des modèles on ne peut plus modernes, on se targue de faire du néo rétro.

A mon sens, cette hybridation stylistique est trop ponctuelle pour définir un quelconque genre qui est habituellement codifié par des caractéristiques clairement établies. Mais ce n'est que mon avis !

Place des Lumières

Dans le hall d'entrée des murs de gabions sont érigés. Mais à l'intérieur, les pierres ont cédé la place aux motos de chez madame Honda.

Pas sûr que ce soit le meilleur rapport qualité/prix pour une clôture de jardin, mais au salon du 2 roues, ça a de la gueule !

Ces murs franchis, un voyage à l'international et vers le passé débute.

Sont exposés d'anciens modèles de marques anglaises et américaines, telles que Sunbeam, Triumph, Indian et Harley.

On peut y voir aussi des modèles de marques suisses, comme Moto-Rêve, Motosacoche, ou de marques françaises, telles que la dijonnaise Terrot et la pantinoise Motobécane.

Les marques régionales sont aussi représentées avec Gnome & Rhône ou New-Map, cette dernière créée par le lyonnais, Paul Martin, en intégrant un moteur anglais, suisse ou français dans une partie cycle qu'il construisait lui-même.

Bien sûr, les marques germaniques ont aussi un passé !

A tout seigneur, tout honneur, on admire les antiques BMW. Originaire de l'ex République Démocratique Allemande, des modèles de la marque MZ, pour Motorradwerk Zschopau (aussi appelée MUZ pour « usine de motos de Zschopau »), ainsi que de la marque autrichienne Puch, dont le berceau est à Graz, sont aussi exposés parmi tant d'autres.

Ce salon permet aussi de s'attarder sur différentes expositions, notamment celles des 100 ans de Moto Guzzi, des motos du Bol d’Or, de Kawasaki ou encore de Benelli, d'Easy Rider, du Voxan club et bien d’autres encore.

Zone Américaine

Sans surprise, le leader mondial du segment custom est très bien représenté avec H-D France et H-D France Hog (club de la marque).

Les nouveautés, à défaut d’être toutes en concession, sont exposées, notamment les modèles Road glide et Street Glide ST 117 CI.

Je n’aime toujours pas les prix pratiqués - plus de 33 000 euros pour des baggers - tout comme le « nez de cochon » du Road Glide que je trouve inesthétique. En revanche, plus affiné et plus vintage sur le Street Glide, il contribue à son embellissement. Mais cela n’engage que moi !

Si vous souhaitez grimper aux arbres, le nouveau cruiser Low Rider S (1923 cc / 117 CI) est la machine idoine. Il est également décliné en version bagger ST qui n’est pas exposée. On parle de bécanes avec un prix d’appel supérieur à 20 000 euros.

Toujours des Scout pour séduire les jeunes et le public féminin, mais aussi pour préserver les bourses.

Cette année, la Rogue est le dernier modèle scout. Une version "voyage au long cours" avec sacoches en cuir et saute-vent, assez imposant, est exposée et du plus bel effet.

Le vaisseau amiral, le Roadmaster, est depuis peu concurrencé par le tout nouveau Pursuit qui est propulsé par le bicylindre "Powerplus" à refroidissement liquide du Challenger (1768 cm3 / 121 ch).

La gamme est assez complète, avec notamment ma préférée, la Springfield, au look ravageur. Enfin, Sébastien Loeb entre dans la famille des indianers. A mon avis, il doit affectionner davantage le FTR que le Roadmaster.

Cette marque américaine a vu le jour au début des années 2000. Elle n’a pas, bien sûr, la renommée de Harley Davidson ou de Indian. Néanmoins, elle produit de petits customs très sympathiques de 125 à 300 cc.

Son réseau de distribution et son point d’entrée en Europe sont en Belgique.

Espérons que cette marque grandisse et augmente le nombre de ses distributeurs et le volume de la cylindrée de ses cruisers, car ses modèles Renegade sont vraiment beaux.

Zone Europe

La gamme Héritage (R 18, R 18 Classic, R 18 Bagger et Transcontinentale) occupe l’espace. La star des customs de la marque à l’hélice d’avion est sans contestation possible le modèle Transcontinental. La moto est impressionnante avec son twin 1800 cc, dont les cylindres à plat débordent de chaque côté. Tout aussi impressionnant est son prix d’appel, aux alentours de 29 000 euros, qui grimpe vertigineusement avec les différentes options.

La marque du constructeur Autrichien « KSR Group » fait fabriquer ses motos en Chine. Elle avait déjà sorti les modèles Saxby et Glanville en 250 cc, mus par un monocylindre japonais, aujourd’hui disparus du catalogue. Comptant principalement des modèles 125 cc, Brixton étoffe sa gamme avec des cylindrées plus importantes de 250 et 500 cc.

Cette année, elle présente son tout nouveau et premier gros cube de 1200 cc, le Cromwell. Sa livrée vintage, assez épurée, est sobre et élégante. Il devrait être en concession au mois de juin.

Elle expose de nouveaux modèles dans la catégorie des trails et notamment les modèles Tiger. Rien de neuf en matière de custom !

Néanmoins, la dernière Rocket III de 2500 cc est toujours aussi agréable à regarder. Si sa consommation n’obligeait pas à faire un plein pour aller de Lyon à Chassieu, je me serais bien laissé tenter !

Le look du scrambler n’est pas déplaisant non plus, bien que déjà ancien.

La marque Belge Bullit s’appelle maintenant Bluroc. Elle donne dans le vintage et le custom avec des modèles de 125 cc, majoritairement, à 250 cc. Deux d’entre eux ont retenu mon attention : Le Légend 125 cc et le V Bob 250 cc. Ce dernier possède une transmission secondaire par courroie, ce qui est très rare sur une cylindrée aussi peu élevée.

Elle produit une magnifique 400 Impériale au style vintage. C’est le seul modèle de la marque qui me plaise .

La marque verse dans le néo-rétro, notamment son scrambler, mais je suis moins emballé !

Depuis la mise en application d'Euro 5, la marque a perdu sa figure de proue, la California 1400. Seuls, dans le style vintage, figurent les bobbers V7 et V9. Cependant, une originalité attire les regards sur le stand Moto Guzzi, un V9 équipé d'un carrenage.   

Essai Motor Live

La marque française de Frédéric Fourgeaud conceptualise toujours ses motos à Beaune, mais les fait fabriquer en Chine. Sa nouveauté 2022 est la Five Hundred, qui, comme son nom ne l’indique pas, est un Monocylindre de 400 cc.

En 650 cc, les Six Hundred British Green ou Night Blue sont très agréables à regarder et à conduire sur le mode balade. C'est le Mash Center de Le Cannet qui a remporté le concours de préparation de la marque sur la base d’une Dirt Track 650 cc.

De la haute couture, française, de Juigné-sur-Loire, près d’Angers.

Pour 155 000 euros minimum, vous serez l’heureux propriétaire d’une pièce d’orfèvrerie ciselée par Olivier Midy et son équipe. Ce joyau est monté autour d'un bicylindre boxer longitudinal de 1036 cc, incliné de 25° et surtout entièrement développé en interne. Pas de chaîne de montage automatique, tout est fait à la main et 70 % des fournisseurs de l’entreprise sont français.

Midual est un concurrent direct de Motorhell qui, bien que positionnée sur le même segment, ne fabrique pas ses moteurs.

Zone Indo-Pacifique

La marque de Madras, anglaise jusqu’en 1970, et totalement Indienne aujourd’hui, présente deux modèles en série limitée à l'occasion de son 120ème anniversaire (60 unités pour l’Europe par modèle / 480 en tout). Il s’agit de l’Interceptor et du continental GT 650 cc, dans de très jolies robes et aux prix respectifs de 9600 et 9800 euros.

Avant la sortie de son nouveau custom de 650 cc, elle nous permet d’admirer son 350 cc Classic, au look très avantageux. Royal Enfield, monte progressivement en cylindrée et présente une gamme de plus en plus variée avec des café-racer, des customs, des modèles vintage et des trails. Leur seul défaut, c'est leur transmission secondaire par une « beurk » chaîne.

Zone Asie

Les quatre grandes marques nippones sont là. Mais seulement pour présenter des nouveautés dans les catégories routière, trail et roadster.

La reine du système Dual Clutch Transmission fait effort sur son ADV, son X ADV et sa NT11.

Concernant les customs, la Rebel CMX et la Gold (est-elle vraiment un custom ?) sont déjà des anciennes. 

A quand une nouvelle F6 C Valkyrie avec son guidon "cornes de vache" et des chromes partout ?

Concernant la firme de Shozo Kawasaki les choses sont figées. Côté custom, le Vulcan, est décliné en plusieurs versions et dans la catégorie néo rétro, le Z 900 RS SE fait son petit effet. Ces deux modèles ont le mérite d’être là, même si cela fait déjà un certain temps pour le Vulcan.

Elles ne présentent pas plus de vintage que de custom. La Bolt n’est plus sur le catalogue de Yamaha et Suzuki a carrément abandonné le segment.

Les exposants

Ceux qui m'intéressent plus particulièrement fabriquent des casques connectés ou des tenues modulables, avec des vêtements aux propriétés thermiques de plus en plus efficaces ou des gilets de protection, type airbag.

Aussi intéressant est le concept développé par Shoei qui propose un service après-vente pour le casque et qui possède même une étuve de désinfection des casques qui fonctionne par diffusion d’ozone.

Ou encore, la marque Bowtex qui fait des sous-vêtements résistant à l’abrasion.

Tout comme la marque SIXS, qui, grâce à l’intégration de fils de cuivre dans ses vêtements leur confère des propriétés thermiques très intéressantes en cas de froid.

Il y a aussi les voyagistes qui vous emmènent à peu près partout sur une américaine ou sur une Royal Enfield. Certains proposent des road trip moins ambitieux, mais couplés avec la dégustation de produits locaux, comme Geridamoto. Ce concept, aussi convivial que gastronomique, a ma préférence !

On peut aussi voir des concepteurs de jeux vidéo, des assureurs, la police ou la gendarmerie nationale et n’oublions pas non plus les grands équipementiers tels que Dafy et consort.

Ou encore les clubs de marques, ainsi que les groupes d’afficionados d’un modèle particulier, tel que le kawasaki Eliminator par exemple.

Les préparations

Pour le plaisir des yeux, une série de Choppers, ayant pour base des sporsters Harley Davidson préparés par Arnaud Mary Hillside Classics, des préparations de R 18 BMW ou de Rocket III, mais aussi le scrambler de Triumph en 007.

En conclusion

Ce salon n’a strictement rien à envier à celui de Paris. Si les modèles évoluent progressivement vers l'électrique, toujours en voie de développement, le custom et le vintage thermiques subsistent sur le marché. Outre les marques historiques Harley Davidson, Indian ou encore Royal Enfield, de nouvelles marques promeuvent l’univers custom, café-racer ou vintage et c’est tant mieux ! Je pense notamment à Léonart, Bluroc ou encore Brixton.

Les européens tiennent leur rang, principalement BMW et Triumph avec des modèles lourds et musclés. Les italiens réinvestissent le secteur vintage qui en europe a supplanté le custom. D'ailleurs, Moto Guzzi n’a pas encore remplacé sa California éjectée du marché par l’Euro 5.

Les français quant à eux sont aux abonnés absents dans le custom. Seule Mash présente des modèles au style vintage. Les belges font mieux que nous avec Bluroc.

Les Japonais, hormis Honda et son Rebel CMX, Kawasaki et son Vulcan, ont quasiment déserté le segment.

Royal Enfield ne fait pas de bruit, mais elle continue sa montée en puissance au sens global du terme. Ses points forts résident dans le style et surtout le prix de ses modèles.

L’atelier du monde fabrique la majorité des motos de séries, que les marques pour lesquelles il travaille soient françaises, européennes ou américaines. Mais, la Chine vient de franchir le pas et présente maintenant ses propres marques. Bon ! La photocopieuse fonctionne à plein régime chez CF Moto, dont le modèle routier est la sœur jumelle de la RT BMW, mais nous n’en sommes qu’au début.

Enfin, pour conclure, cela fait du bien de retrouver les salons !

Yfor 2022-03